ACCESSIBILITY

EXPOSITION «AGUA, AGUAS»


À partir du 11 décembre à la Tour Agbar.
Du lundi au vendredi: de 9 à 19 heures.
Les samedis: de 10 à 18 heures.
Les dimanches: de 10 à 15 heures.
Fermé le 25 Décembre 1 Janvier et le 1er mai.

L’eau est à la fois l’élément le plus courant et le plus complexe. De multiples angles d’approches sont possibles. Agua, aguas vous invite à entamer une traversée particulière. Avec cette exposition, nous avons souhaité aborder le thème de l’eau de manière holistique, sous des angles différents: la vie, l’art, la littérature. À travers la prose, la poésie, la peinture et la photographie, plusieurs auteurs nous proposent de partager des réflexions contemporaines autour de l’eau.

Nicanor Parra, Andrés Sánchez Robayna, María Luisa Rojo de Castro, Félix de Azúa, Pepe Moll de Alba, Albert Espinosa, Pedro Madueño, Suso de Toro, Din Matamoro, Marcos Giralt Torrente, Patricio Court et Quim Monzó nous offrent une vision personnelle de l’eau dans cette exposition articulée autour de cinq thématiques: «L’eau, origine de la vie», «L’eau contenue», «L’eau débordante», «L’eau et ses reflets» et «L’absence d’eau». Dans chacune de ces sections, un texte littéraire est mis en regard d’une œuvre picturale ou photographique. L’ensemble de ces pièces invite au dialogue entre les disciplines, à l’échange, à la diversité et à l’ouverture.

AUTEURS ET ARTISTES

0. Introduction

NICANOR PARRA voir bio et œuvre >

Né à San Fabián de Alico, au Chili, en 1914. Poète, artiste, physicien et professeur de mathématiques, il a su conjuguer son esprit scientifique avec la création littéraire et plastique, qui lui a valu une renommée mondiale grâce à ses postulats sur l’antipoésie — style intimement associé aux avant-gardes du xxe siècle — et à ses poèmes visuels.

Il a été titulaire de plusieurs chaires dans les universités de Columbia, de Yale, à La Havane et au Chili. En tant qu’écrivain, il a reçu de nombreuses distinctions comme le prix national de littérature du Chili, le prix Cervantès et le prix ibéro-américain de poésie Pablo Neruda. Il a été candidat au prix Nobel de littérature à trois reprises.

Ses Hidropoemas lui ont été inspirés par une petite fille de quatre ans, venue lui rendre visite avec son père dans sa maison de Las Cruces. L’enfant n’avait jamais vu la mer et, en l’apercevant depuis la maison de l’artiste, elle s’émerveilla devant l’immensité (et l’abondance d’eau) comme le font les enfants qui contemplent la mer pour la première fois.

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ANDRÉS SÁNCHEZ ROBAYNA voir bio et œuvre >

Né à Las Palmas de Gran Canaria en 1952 et diplômé en philologie hispanique de l’Université de Barcelone, il enseigne actuellement la littérature espagnole à l’Université de La Laguna et fait partie de l’Instituto de Estudios Canarios. Il a dirigé le siège des Canaries de l’Université internationale Menéndez Pelayo et le département Débat et pensée critique du Centre atlantique d’art moderne (CAAM). Il a donné des conférences et des cours à Austin (Texas), São Paulo, New York et dans d’autres universités. Fondateur de la revue Syntaxis, il écrit régulièrement dans la presse spécialisée. Il a également dirigé plusieurs collections éditoriales.

Il a travaillé avec des artistes comme Tàpies, Broto et Sicilia. Spécialiste de la littérature du Siècle d’or, il a néanmoins publié des auteurs contemporains (Tomás Morales, Goytisolo, Valente, etc.) et a notamment traduit Wallace Stevens, William Wordsworth et Salvador Espriu. Il a reçu le prix de la critique et le prix national de traduction. Il dirige actuellement l’atelier de traduction littéraire de l’Université de La Laguna.

Ses livres de poésie comprennent des titres tels que Jour de vent, Climat, Encre ou Le rocher, qui ont été traduits dans plusieurs langues. Une anthologie poétique vient de paraître sous le titre El espejo de tinta (Le miroir d’encre).

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1. L’eau, origine de la vie

MARÍA LUISA ROJO DE CASTRO voir bio et œuvre >

Née à Madrid, elle y a fait ses études et s’est formée à l’atelier de céramique Tanagra, au Cercle des beaux-arts et à l’École des arts et métiers. Diplômée des beaux-arts de l’Université Complutense de Madrid, elle a étudié simultanément l’histoire et la géographie à la faculté, le dessin et la peinture dans l’atelier d’Amadeo Roca et la gravure calcographique dans l’atelier d’Oscar Manesi. En 1983, elle a reçu le prix de gravure Carmen Anzorena.

Titulaire d’une bourse de la Fondation Juan March, elle a réalisé un master en peinture et gravure au Pratt Institute de New York où, après avoir décroché son diplôme et réalisé sa première exposition individuelle, elle a travaillé dans les ateliers de gravure Bob Blackburns Printmaking Workshop et New York Limited Editions.

Elle a obtenu le prix de la première biennale de peinture culturelle Rioja et a inauguré ses premières expositions en solo à Madrid et à Majorque où elle a également présenté des livres d’artiste, activité qui constitue une facette importante de son travail. Elle a ensuite participé à de nombreuses expositions dans plusieurs pays et différentes villes d’Espagne. Actuellement, elle conjugue la création artistique avec l’enseignement de la peinture et de la gravure.

FÉLIX DE AZÚA voir bio et œuvre >

Né à Barcelone en 1944. Docteur en philosophie et professeur d’université, il a enseigné l’esthétique à la faculté de philosophie de Saint-Sébastien et à l’École technique supérieure d’architecture de Barcelone. Il a publié plusieurs recueils de poèmes (Cepo para nutria (Piège à loutre), El velo en el rostro de Agamenón (Le voile sur le visage d’Agamemnon), Edgar en Stéphane, Lengua de cal y Farra (Langue de chaux et Farra)) ; ses poèmes écrits jusqu’en 2007 ont été réunis sous le titre Última sangre (Dernier sang). Il est également romancier (Las lecciones de Jena (Les leçons de Jena), Histoire d’un idiot racontée par lui-même, Journal d’un homme humilié…) et l’auteur de plusieurs essais, dont La paradoja del primitivo (Le paradoxe du primitif), El aprendizaje de la decepción (L’apprentissage de la déception), Venecia o Baudelaire y el artista de la vida moderna (Venise ou Baudelaire et l’artiste de la vie moderne). Ses ouvrages les plus récents sont Ovejas negras (Brebis galeuses), Abierto a todas horas (Ouvert à toute heure) et Autobiografía sin vida (Autobiographie sans vie). Il écrit régulièrement dans le quotidien El País.

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2. L’eau contenue

PEPE MOLL DE ALBA voir bio et œuvre >

Né à Barcelone en 1966, il a passé sa jeunesse et son adolescence à Las Palmas de Gran Canaria, d’où sa famille est originaire. Il a étudié la peinture à la Freie Kunstschule de Munich, sous la direction du peintre Hans Seeger, le graphisme et l’illustration à la Hochschule für Gestaltung, Kunst und Medien, Merz Akademie de Stuttgart et a achevé sa formation artistique à Rome. Actuellement, il vit et travaille à cheval entre les Canaries, Barcelone et la Toscane. Il a exposé à Pérouse, à Las Palmas de Gran Canaria, à Valence en Espagne et à Barcelone, entre autres.

D’après l’historien de l’art Antonio M. González Rodríguez, «émotion, équilibre, vivacité et plénitude sont la “quintessence” du langage artistique actuel de Pepe Moll de Alba».

L’eau est une constante dans son œuvre depuis qu’il a commencé une série sur les éléments en 2005. Ses huiles sont le reflet d’un point de vue contemporain. Ainsi, dans son tableau «Eau 2», on devine la silhouette d’un nageur dans une piscine bleutée. «Nous sommes sous l’eau, c’est là que réside la modernité» a dit le critique d’art Juan Lagardera à propos de ce tableau.

ALBERT ESPINOSA voir bio et œuvre >

Né à Barcelone en 1974. Ingénieur industriel, spécialisé en chimie, formé à l’Université polytechnique de Catalogne, il est actuellement scénariste, dramaturge, écrivain, acteur, cinéaste et chroniqueur hebdomadaire du journal El Periódico de Catalunya.

Après avoir terminé ses études, il a écrit le scénario d’une vidéo (son premier travail rémunéré, en 1998) qui a obtenu le prix européen des technologies de l’information. En 2004, il signe le scénario de Tempus fugit, un film dirigé par Enric Folch et sélectionné pour le festival de Sitges et ceux de Fantasporto (Portugal), Amsterdam, Puchon (Corée) et Monte-Carlo.

Il a également écrit les scénarios des films Planta 4.ª (Quatrième étage), Tu vida en 65’ (Ta vie en 65 minutes), Va a ser que nadie es perfecto (Au fond nul n’est parfait), No me pidas que te bese porque te besaré (Ne me demande pas de t’embrasser parce que je t’embrasserai) ou Héroes (Héros). Il est aussi l’auteur de plusieurs pièces de théâtre comme El fascinante chico que sacaba la lengua cuando hacía trabajos manuales (L’incroyable garçon qui tirait la langue pendant les travaux manuels) et Los pelones.

À la télévision il a travaillé dans plus de vingt productions abordant diverses thématiques, dont une série remarquable intitulée Pulseras rojas (Les bracelets rouges) — inspirée de son livre Le Monde-soleil, de sa vie et de son combat contre le cancer.

L’une des curiosités principale de son expérience vitale est de s’être lancé le défi de changer de travail tous les six mois pour ne pas finir échaudé «dans un monde aussi brûlant».

Dans son processus créatif, Albert a besoin de savoir l’eau à proximité.

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3. L’eau débordante

PEDRO MADUEÑO voir bio et œuvre >

Né en 1961 à La Carlota (province de Cordoue). Photographe professionnel, il travaille principalement pour le journal La Vanguardia où il a débuté en 1983. Il a obtenu sept fois le prix FotoPres, un Laus d’or de photographie, le prix Godó de photographie et un Award of Excellence de la Society for News Design (SND). Il préside actuellement le jury du prix Godó de photojournalisme.

Il a exploré tous les genres de la photographie et notamment le portrait. Ces dernières années, on l’a surtout sollicité pour photographier des personnalités du monde de la politique et de la culture. L’un de ses plus fameux clichés est celui qui a fait la une de La Vanguardia lors de la journée de réflexion de la campagne électorale, en 1984. Il avait alors proposé aux candidats à la présidence de la Generalitat de poser tous ensemble.

Il est l’auteur de l’image officielle du prince Felipe de Borbón de 2002 à 2010 et de l’image officielle du président de la Generalitat Artur Mas en 2010. Il est aussi le seul photographe à avoir pu approcher Salvador Dalí au cours des trois dernières années de sa vie.

Il a été chargé de cours à l’école de photographie de la Fondation polytechnique de Catalogne et à l’Université Pompeu Fabra. Il donne actuellement des cours de troisième cycle à l’Université autonome de Barcelone.

Certaines de ses œuvres font partie des fonds du musée national Centre d’art Reina Sofía et de la Fondation Vila Casas.

SUSO DE TORO voir bio et œuvre >

Né à Saint-Jacques-de-Compostelle. Diplômé en histoire et géographie, spécialisé en art moderne et contemporain, il est l’auteur de nombreux récits, essais, articles de presse et pièces de théâtre. Il a obtenu plusieurs prix de la critique et le prix national du roman.

«Saint-Jacques-de-Compostelle — écrit-il — a la réputation d’être l’endroit le plus arrosé de la péninsule Ibérique. La ville n’étant qu’à vingt kilomètres du littoral à vol d’oiseau, les rias y conduisent des bataillons de nuages depuis l’Atlantique. La pierre et l’eau me sont très familières. C’est ainsi que tout cela m’est venu naturellement en pensant à l’eau et j’ai imaginé sans peine un absurde cicérone se tenant au pied d’une source et nous servant de guide», poursuit-il, avant de conclure que «le personnage peut sembler impertinent, mais je suis sûr que vous le lui pardonnerez. Merci beaucoup.»

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4. L’eau et ses reflets

DIN MATAMORRO voir bio et œuvre >

Né à Vigo en 1958. Diplômé des beaux-arts de l’Université Complutense de Madrid et spécialisé en peinture et gravure calcographique, il a produit des toiles expressionnistes et matiéristes de grand format dans les années 1980 et s’est également consacré au dessin.

À cette époque, puis dans les années 1990, il a exposé son travail dans les galeries Oliva Mara, Antonio Machón et Seiquer, entre autres, et il a participé à des expositions collectives comme la première exposition d’art jeune, «Circulando», «Periferias», etc.

Titulaire d’une bourse allouée par le Comité exécutif hispano-américain (bourses Fullbright), il s’est installé à New York où il a étudié la sérigraphie au Manhattan Center et la lithographie à la School of Visual Arts. Influencé par les nouvelles matières et l’iconographie découverte là-bas, il a utilisé le collage et la peinture enveloppée de plastiques de couleurs, de cuirs synthétiques et de textures cotonneuses, en incorporant des images de la culture américaine et en travaillant dans des formats variés.

En 1990, il a obtenu une bourse de l’Académie espagnole à Rome et a créé une œuvre picturale matiériste, très colorée, à mi-chemin entre l’abstraction et la figuration, avec de nombreuses références au règne animal. Plus tard, en partant du blanc et de la lumière, il a créé la série Pantallas (Écrans), dans laquelle il a supprimé les images et les matières. Il a également utilisé la photographie et a travaillé dans cette direction les années suivantes, avant de revenir peu à peu à la couleur, à la peinture et à la matière.

Sous l’intitulé «Images mentales», une sélection de ses œuvres a été exposée au Centre galicien d’art contemporain (CGAC) et au Centre d’art moderne et contemporain de Spezia (CA MeC). Il a également participé à des expositions collectives comme «Peinture mutante» au musée d’Art contemporain de Vigo (MARCO).

Il a travaillé avec la galerie Trinta de Saint-Jacques-de-Compostelle.

MARCOS GIRALT TORRENTE voir bio et œuvre >

Né à Madrid en 1968, il a débuté sa carrière littéraire en publiant un livre de contes intitulé Entiéndame (Comprenez-moi). Il est l’auteur de Nada sucede solo (Rien n’arrive seul), qui a obtenu le prix Modest Furest i Roca, et des romans París (prix littéraire Herralde 1999), Los seres felices (Les gens heureux) et Tiempo de vida (prix littéraire national 2011). Son livre de nouvelles El final del amor (La fin de l’amour) a remporté le prix littéraire international Ribera del Duero.

Il a été écrivain résident de l’Académie espagnole à Rome, du Künstlerhaus Schloss Wiepersdorf, de l’University of Aberdeen et de la Santa Maddalena Foundation. Il a également participé au Berlin Artists-in-Residence Programme de 2002-2003.

Il écrit régulièrement dans le quotidien El País.

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5. L’absence d’eau

PATRICIO COURT voir bio et œuvre >

Né à Santiago, au Chili. Il a étudié à la faculté des beaux-arts de Santiago, où il sera plus tard chargé du cours Forme et couleur. Actuellement, il enseigne l’art contemporain à l’école d’architecture de l’université de Talca. Son œuvre est présente au Musée national des beaux-arts, au musée d’Art contemporain et au musée des Arts visuels (MAVI), tous à Santiago, au Chili, dans la collection Städtische Galerie im Lenbachhaus de Munich, au musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne et au musée d’Art moderne de Mendoza, en Argentine, ainsi que dans diverses collections privées.

Après avoir longtemps séjourné en Europe, il se fixe dans la région chilienne du Maule, à la campagne, où il vit et travaille actuellement.

L’eau — ou plutôt la pénurie d’eau — et sa représentation plastique sont très présentes dans son œuvre, notamment vues à travers les cultures sèches. L’eau est d’une importance cruciale pour lui qui vit à la campagne. Ainsi la sécheresse de la matière, l’absence d’eau, revient constamment dans ses tableaux et la fragmentation de l’espace lui permet d’exprimer cette «manifestation plastique» par laquelle toute création artistique s’accomplit.

La matière est une préoccupation constante de sa trajectoire artistique; elle se montre avec ses particularités de texture et de couleur.

QUIM MONZÓ voir bio et œuvre >

Né à Barcelone en 1952. Le narrateur et journaliste raconte: «L’une des blagues de comptoir qui m’irrite le plus est celle de ceux qui se vantent d’être de gros buveurs et qui, accoudés au zinc, te lâchent soudain: «Moi, l’eau, je ne l’utilise que pour me laver les pieds !» Puis ils éclatent de rire à s’en tenir les côtes comme s’ils venaient d’avoir un mot d’esprit si drôle qu’il devrait être irrésistible.

«Étant moi-même un grand consommateur d’alcool, dans mon propre intérêt et au grand désespoir de mon foie, j’ai énormément de respect pour l’eau. Je l’aime beaucoup. Il m’arrive de boire juste un verre et je la savoure. Si je sais qu’un simple verre ne suffira pas à me désaltérer, je prends parfois la bouteille et je bois directement au goulot, jusqu’à la dernière goutte. Voilà comment un jour j’ai eu l’idée nébuleuse d’une existence sans eau, comme cela arrive dans de nombreuses régions du monde, et j’ai commencé à écrire cette nouvelle.»

Télécharger le texte littéraire TODO ESTO >

© MUSEU AGBAR DE LES AIGÜES. CTRA. DE SANT BOI, 4-6. 08940 CORNELLÀ DE LLOBREGAT. TEL: +34 93 342 35 38 (INFO) +34 93 342 35 36 (RÉSERVATION)

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